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de Coulon

Introduction

Notice de Paul Louis Auguste

Paul Coulon
Anne Viala
Paul Coulon et sa parenté
L'émigration de la noblesse française
La maison du Faubourg
Propriétés de la famille Coulon
Notes

    Anne Viala

L'examen public qui précéda la ratification du voeu de leur baptême fut de nature à intéresser en leur faveur tous les. assistants. Au sortir de la cérémonie, Monsieur Rivier (père de Messieurs Etienne, Philippe et Théodore Rivier de Lausanne) voulut se charger de Paul Coulon pour lui faire faire son apprentissage dans sa maison Rivier & Plantamour (5), qui faisait le commerce en grand des toileries et des mousselines des Indes; il s'y distingua par sa conduite exemplaire, sa piété, son intelligence, son activité et l'intérêt qu'il prenait aux affaires de ses patrons dont il ne tarda pas à gagner l'entière confiance, et qui, pour se l'attacher davantage, lui offrirent au bout de quelques années de l'intéresser dans leur maison.>

Vers cette époque, Monsieur Jacques-Louis Pourtalès de Neuchâtel, mécontent d'être tenu trop en sous-ordre dans la maison de son père, associé de Monsieur Deluze (Mr Jérémie Pourtalès et Mr Deluze, son associé, étaient deux réfugiés français) voulut s'émanciper pour s'établir à son propre compte et faire le commerce des marchandises des Indes qu'il ne connaissait pas lui-même; chacun lui ayant indiqué le jeune Paul Coulon dans la maison Rivier & Plantamour comme un expert et premier connaisseur de ces marchandises, il voulut à toute force se l'associer. Cependant et malgré les offres les plus brillantes, (1) il n'y réussit qu'en lui offrant en mariage sa cousine germaine, Mademoiselle Anne Viala, pour laquelle il connaissait son inclination (6).

Mademoiselle Anne Viala était fille de Louis Viala fils de Mr Viala de la Salles en Cévennes, près de Ganges où il était né le 6 février 1708. - Il avait quitté la France pour fuir les persécutions religieuses de ces temps-là, s'était établi à Genève dont il avait obtenu la bourgeoisie et s'y était associé avec un Monsieur Dunan pour faire le commerce d'horlogerie et de bijouterie. Leurs principales affaires étaient en Italie. - il avait épousé Charlotte Mussard, fille de Mr Mussard bourgeois de Genève et c'est par elle que nous sommes parents des familles Perchier Cazenove et autres de Genève. La mère de mon grand-père Louis Viala était Suzanne Pourtalès, soeur de Jérémie Pourtalès, bourgeois de Neuchâtel où il avait épousé Esther Deluze, fille de son associé.

Louis Viala a eu deux filles, Louise, l'aînée, mariée le 13 Décembre 1767 au chancelier Jérôme Emmanuel Boyve et Anne (soit Nanette), ma mère (2), que mon père avait épousée à Genève le 28 juillet 1767 à l'âge de 19 ans.
 

(1) Mr Jacques-Louis Pourtalès avait offert à mon père de lui faire obtenir en mariage une jeune veuve fort riche, sa parente Mme Gibolet de la Neuveville (7), mais mon père lui déclara qu'il n' épouserait jamais une femme pour son argent, ni une femme plus riche que lui. - Mme Gibolet a épousé plus tard un patricien bernois.

(2) Louise et Anne Viala ayant perdu leur mère fort jeunes et leur père faisant de fréquents voyages en Italie elles furent placées en pension chez Mr Mallet, pasteur à Céligny où elles ont fait leur première communion. Ma mère y était avec son amie de coeur, qui épousa plus tard Mr Théodore Rivier de Lausanne; elle venait la voir toutes les années, soit à Corcelles, Neuchâtel ou au Roc.
Ma mère, après dix ans de mariage était encore si faible et si délicate, malgré tout ce qu'on avait tenté pour la fortifier, que craignant qu'elle ne pût pas avoir d'enfants tant que sa santé ne s'améliorerait pas, mon père décida de la mener aux eaux de Sylvanès dans la partie la plus sauvage du Rouergue. Ces eaux passaient pour très fortifiantes et c'était en même temps une occasion pour lui faire faire la connaissance personnelle de ses beaux-frères et belles-soeurs, et de toute la famille tant à Millau qu'à Cornus. - Les eaux de Sylvanès eurent un effet si salutaire et fortifièrent ma mère au point que sa santé étant parfaitement rétablie, elle eut ensuite quatre enfants.

A cette époque, la réputation de bonté de mon père était déjà si bien établie dans son pays, que ce voyage fut pour lui une suite d'ovations; partout on voulait le fêter et, entr'autres à l'Hospitalet, sur le plateau de Larzac, le maître de poste reçut et fêta mon père comme un ancien ami et comme un bien-faiteur de son pays; il voulut le conduire lui-même jusqu'à Lodève et refusa absolument tout payement.